Interview Pour la Senioressance

Jacqueline Peker Vétérinaire Auteure et Homéopathe 

J et M Fev14-4

Bonjour, Jacqueline pour ceux qui ne vous connaissent pas qui êtes vous ? 

Bonjour chère Linda. Oui je suis Jacqueline Peker née aux Lilas – dans le 93 – le 1er juillet 1936. Mes grands-parents étaient des Juifs polonais arrivés en 1910.  Mon père était né en Roumanie et ma mère, aux Lilas en 1912. Tout cela est écrit dans mon site www.jacquelinepeker.com.

Je souhaitais faire des études littéraires…je suis devenue vétérinaire. Après une très intéressante carrière dans l’industrie du matériel médico-chirurgical et de la biologie, je me suis installée à Paris en tant que spécialiste des Médecines Naturelles, et tout spécialement de l’Homéopathie. Je suis restée ainsi 28 ans au service des animaux de compagnie tout en continuant à enseigner l’Homéopathie, médecine universelle…et je continue encore…

Linda LEININGER : Vous avez toujours été au petit soin de nos Amours de compagnies, d’où vous vient cette passion ?

Jacqueline PEKER : L’arrestation des Juifs français a obligé ma mère à me confier à une agricultrice de la Nièvre début 1942. J’ai vécu là, sans aller à l’école, mais m’occupant de tous les animaux, jusqu’à fin 1944. De retour à Paris, j’ai enfin appris à lire et écrire et je n’ai plus aimé que les livres…et la politique jusqu’à l’âge de 25 ans. Ma mère ne voulant pas que je fasse des études littéraires j’ai donc choisi de devenir vétérinaire. Le chemin a été long et difficile mais je n’ai pas regretté.

Linda LEININGER : Votre métier vous l’avez consacré à vos animaux, d’où vous est venu ce besoin d’apporter une tout autre façon de les soigner, de les traiter par les plantes et l’homéopathie ?  Y’a-t-il eu des personnes qui vous ont donné un déclic ? 

Jacqueline Peker : Dans mon dernier livre : « Mes rencontres avec des Homéopathes remarquables » j’explique comment j’ai été formée à l’Homéopathie, dès l’âge de 17 ans, et par qui.

Pendant trois ans j’avais vécu tout contre les animaux de la ferme. Haute comme trois pommes, je savais soigner les petits bobos des ânes, nourrir les cochons et les poules, aider les chiennes à faire leurs petits…Je savais traire les vaches et nettoyer les sabots. La guerre qui ne voulait pas s’arrêter a fait de moi une vraie paysanne.Mais les hommes n’étaient pas revenus et nous étions pauvres donc pas question d’apprendre la philosophie. J’ai découvert l’Organon de Samuel Hahnemann à 17 ans. Cet homme-là parlait de la globalité des individus. J’ai voulu aller plus loin et c’est le grand Léon Vannier qui m’a enseigné le pouvoir des médicaments dilués et dynamisés.

Par la suite tout m’a semblé important : l’ostéopathie, la phytothérapie, l’acupuncture, le reiki, la musicothérapie…Aujourd’hui encore tout m’intéresse. Mais n’avons-nous pas le devoir de soulager ?

Linda LEININGER : Que pensez-vous des méthodes naturelles pour tous ? Pensez - vous que la complémentarité est possible aussi bien pour l'homme que pour l'animal ?

À votre avis, pourquoi toutes ces complications pour être entendu ?

Jacqueline PEKER : La Science a conquis le monde. Je pense que c’est un bien mais je pense aussi que les scientifiques sont « bouffés » par leur orgueil. Ils ont oublié que tout ne peut pas être mis en équation. Pourquoi telle plante poussant au somment d’une montagne guérit plus que celle qui pousse au pied ? Pourquoi les mains d’un maître-reiki soulagent-elles mieux qu’un appareil électrique ? Pourquoi une dilution de Valeriana 15CH apporte-t-elle plus que 10 comprimés de somnifère ? Je ne sais pas…mais je constate et je sais que toujours je soulage sans nuire.

Linda LEININGER : Parlez-nous de votre enfance de vos rêves de vos regrets, de vos réussites…?

Jacqueline PEKER : Chère Linda, si j’ai le temps, je compte écrire un livre qui me permettre enfin de parler de ce que nous avons vécu, comment nous nous en sommes sorties, comment nous avons bravé la solitude, le manque d’argent, de confort… Ce livre sera pour mes petits de cœur – ceux que j’ai choisis et qui me sont proches – Je regrette parfois de ne pas avoir appris le piano. Mais même pour apprendre l’accordéon nous n’avions pas d’argent.  Je regrette d’avoir consacré autant d’années à des activités politiques stériles. Je regrette d’avoir perdu pendant la guerre d’Algérie, en octobre, le seul homme que j’ai aimé. En hauteur je sautais 1m62…mais je mesurais 1m57…ce qui veut dire que bien plus haute, je serais peut-être devenue championne de France !

Mais j’ai réussi ma vie professionnelle. Au Brésil, à Campinas, mes élèves ont créé l’Institut Homéopathique Jacqueline Peker. Je suis Chevalier de l’Ordre National du Mérite. Je suis toujours Présidente d’Honneur de la Société Française d’Homéopathie. J’ai écrit six livres dont un, « Homéopathie et Cheval », est un best-seller. Et pour le prochain la campagne de Presse va démarrer…tout est entre les mains de la meilleure attachée de presse : Nathalie d’Amico, mon amie depuis plus de vingt ans.

Ai-je réussi ma vie personnelle ? Je me pose de moins en moins la question car enfin je vis au jour le jour.

Linda LEININGER : Qu’est-ce qui vous révolte et vous rend amère dans cette vie ? Quelle est votre solution pour changer cela ?

Jacqueline Peker : Je me suis beaucoup battue mais que reste-t-il de ces combats ? Rien ! Des enfants meurent de faim, des femmes sont battues, des malades sont méprisés, des vieux sont abandonnés…partout la guerre, les bombes, la haine et le rejet de l’autre…

Oui, je me suis aussi battue pour le respect du monde animal, pour l’abandon des expérimentations, pour que l’on punisse ceux qui tuent pour le plaisir ou pour le profit.  Je me suis battue pour le respect des arbres et des cultures. Je ne regrette rien mais j’aurais aimé que cela ne soit pas sans cesse remis en question. Aujourd’hui je combats avec ma plume…pas toujours très efficace mais cela me permet de rencontrer ces gens comme vous, chère Linda.

Linda LEININGER : La vieillesse, on en parle, mais on s’en sert plutôt pour faire marcher un système peu scrupuleux de la santé des plus fragiles, qu’elle est votre ressenti sur cette façon de maltraiter nos séniors à la maison et en institution ?

Jacqueline Peker : N’est-ce pas à cause de la vieillesse que nous avons commencé à échanger ? Ma grand-mère maternelle, celle qui m’a élevée, est partie à 70 ans. La guerre l’avait détruite et son cœur s’est arrêté de battre. J’étais vétérinaire dans le Cantal. Je suis remontée pour pouvoir l’accompagner une dernière fois. Ma mère est partie à 88 ans, le corps épuisé mais le mental en pleine effervescence. J’avais 64 ans, peu de rides, peu de cheveux blancs, mais tellement moins de forces. Aujourd’hui, j’en ai 78.  Je m’efforce de garder mon corps en état et les Médecines Douces m’obligent à garder mon mental en alerte.

Mon chat Milord veille sur ma vie sentimentale et mon Mac sur ma vie intellectuelle. Mon appartement vient d’être refait à neuf et je crois bien que cela a éclairci  l’horizon. Et je me dis que si vous, vous voulez tout savoir, c’est que le sujet en vaut encore la peine.Tant que je dominerai la situation, tout sera jouable. J’ai assez bien géré ma vie, je veux pouvoir gérer les années qui me restent et que je n’ai pas vraiment le pouvoir de comptabiliser.

Linda LEININGER : La dictature de la jeunesse est en marche depuis longtemps, nos vieux n’ont aucune valeur dans cette société. Qu’est-ce qui leur redonnerait lueur pour qu’ils soient considérés à leur juste valeur dans cette société ? Qu’est - ce qu’il leur manque ?

Jacqueline Peker : Je ne crains pas la dictature de la jeunesse. Bien au contraire. Je crois que nous devons apprendre à partager avec les jeunes, notre savoir mais aussi nos biens. Nous devons leur apprendre le passé et essayer de leur parler de l’avenir. Personnellement je donne mes livres pour qu’une jeune femme profite à son tour d’une vraie bibliothèque. Il en est de même pour mes CD et mes DVD. Je ne peux pas aimer seule Romain Gary ou le cinéma japonais. Nous devons apprendre à PARTAGER.

Linda LEININGER : Vous êtes depuis toujours attaché à vos amours de compagnie notamment les chats, mes salutations à Milord en passant… Que vous apporte la compagnie animale dans votre quotidien ? Racontez-nous…

Jacqueline PEKER : Les miens = Porto, Potic, Jibus, Hippolyte et Aricie, Plick et Plock, Milord…tant d’années de bonheur, de compréhension, de partage, d’amour…

Mais il y en a eu des centaines, des milliers d’autres auxquels j’ai essayé de tout donner et qui m’ont appris à aimer mon métier. Professionnellement je suis une extravertie mais je pense que, de retour dans ma tanière,  c’est avec un animal que j’aime profiter de ma solitude. Quand Plick est partie en décembre 2008, j’avais 72 ans et j’avais décidé de ne plus reprendre d’animaux. Or Milord m’attendait dans une cage. Nos regards se sont à peine croisés et nous avons compris que nous ne pourrions pas vivre l’un sans l’autre. Aujourd’hui il est là et son regard m’oblige à sourire.

Linda LEININGER : Que pensez-vous de ses médecins chamanismes de plus en plus d’actualités que l’on critique d’un côté et approuve de l’autre…  Pour vous, c'est quoi le chamanisme ?

Jacqueline Peker : Si je dois revenir parmi vous, je serai « chamane » et aucun Conseil de l’Ordre ne m’empêchera de le prouver…

Linda LEININGER : Votre dernier ouvrage vient de paraitre aux Éditions Naranaya... 

Racontez-nous cet ouvrage sur l’homéopathie ? Quel message tentez-vous de faire passer ? Où peut-on le trouver ?

Jacqueline PEKER : « Mes rencontres avec des Homéopathes remarquables »

1953 – 2013  Editions Narayana. Je ne raconte pas l’Homéopathie mais ceux qui m’ont aidée à la pratiquer et qui étaient tous de véritables humanistes. Nous lançons dans quelques jours. On peut le commander chez l’éditeur.

 

photo Jacqueline Peker 23 sept

 

Linda LEININGER : Vos plus grandes joies, vos regrets, vos rêves c’est quoi ?

Jacqueline PEKER : Ma plus grande joie = Le sourire de ma mère quand je suis devenue « Docteur Vétérinaire. » Mon plus grand regret = ne pas jouer du piano. Mes rêves = « apprendre à apprendre »

Linda LEININGER : Avez-vous un message à faire passer à nos jeunes et moins jeune pour se réconcilier avec la vieillesse ?

Jacqueline Peker : PARTAGEONS les grandes choses et les petits riens…le pain et le vin, le soleil et un peu de ciel bleu, Chopin et les Beatles, la vitesse et le goût des voyages… oui apprenons à Partager.

 Linda LEININGER : Si d’une baguette magique vous pouviez changer quelque chose dans la vie, vous changeriez quoi ?

Jacqueline PEKER : Ô baguette magique…laisse-moi un seul instant retrouver tous ceux que j’ai aimés…et aide-moi à protéger ceux que j’aime...

Linda LEININGER :Un petit clin à Milord, toujours au côté de Jacqueline...

Mes salutations Cher Milord, prenez bien soin du moral de Jacqueline...

Je compte sur vous... 

 

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Interview de Linda LEININGER pour la Senioressance...

Naturopathe - Sophrorelaxologue - Gérontologie

" Lutte pour la Bientraitance en Institution et à Domicile " 

Merci à Jacqueline PEKER et Milord...